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Xavier Driencourt : « L’Algérie écrit une nouvelle page de l’histoire du monde sous le regard ébahi de la planète »

Xavier Driencourt : « L’Algérie écrit une nouvelle page de l’histoire du monde sous le regard ébahi de la planète »

Khaled Drareni

Pour l’ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, l’Algérie est « revenue, en peu de temps, à sa vieille tradition de pays révolutionnaire ».

M. Driencourt s’exprimait lors d’une réception offerte ce dimanche 14 juillet à la villa des Oliviers, à El Biar, à l’occasion de la fête nationale française.

« On parlait souvent d’Alger comme la Mecque des révolutionnaires, par les nombreuses rencontres internationales qui s’y tenaient ; on dira peut-être bientôt qu’Alger est la Mecque des révolutions par l’exemple qu’elle donne à tous ceux qui, voulant transformer les vieux ordres et les systèmes anciens, refusent de payer le prix de la violence », a-t-il indiqué.

« En cela elle force le respect des autres nations, elle écrit une nouvelle page de son histoire et de l’histoire du monde sous le regard ébahi et admiratif de la planète », a-t-il ajouté.

Le diplomate a tenu à relever « le formidable enthousiasme que suscitent les révolutions pacifiques. Celles-ci demandent une vigilance constante, mais portent les fruits les plus sûrs. La révolution est un processus souverain qui obéit à ses propres règles, qui a son propre cheminement, qui répond à sa propre logique qu’il faut respecter. »

Toujours à propos des événements en cours en Algérie, l’ambassadeur a fait une sorte de mea culpa : « Nous autres diplomates, n’avons peut-être pas vu juste. Il faut l’avouer, nombre d’entre nous n’avions pas perçu la formidable force de changement qui sommeillait dans ce pays. En quelques jours, nous nous sommes retrouvés dans un monde transformé, aux horizons redéfinis, aux perspectives nouvelles et l’Algérie d’aujourd’hui n’est pas celle que j’ai connue durant mes années passées ici. »

« Lorsque les peuples donnent à leurs destinées un tour volontaire, la route qui s’ouvre est souvent semée d’embuches. Et les Français, comme aujourd’hui les Algériens, le savent : pour que ce processus révolutionnaire débute, il faut déjà – comme l’écrivait Kateb Yacine en 1946 – ‘laisser les vieilles espérances, et forcer la porte du doute’. Cette ‘porte du doute’, on la force de différentes façons, chacun à sa manière », a-t-il estimé.

Pour M. Driencourt, « les vieux pays révolutionnaires, n’ont certainement pas de leçon à donner ou de conseils à prodiguer », mais « peuvent seulement saluer ces évènements, exprimer leur sympathie et leur respect, ou dire leur dette à ces temps troubles mais libres dont ils sont eux-mêmes le produit, et saluer ceux, qui, à leur tour, décident de construire leur avenir autour d’un projet commun choisi démocratiquement ».

A l’adresse des Algériens, l’ambassadeur dira, en conclusion : « Quel que soit l’avenir que vous écrirez, une chose restera, c’est la relation entre la France et l’Algérie. Nous sommes unis dans nos différences. (…) Par les Instituts Français, les échanges entre universités, l’enseignement du français, nous œuvrons tous ici à développer cet héritage qui nous a été légué. C’est une opportunité pour l’Algérie, c’est une chance pour la France, qui a aussi tant à apprendre de l’Algérie ; c’est aussi une chance pour les Français qui, surpris comme ils l’ont été depuis ce mois de février, souhaitent mieux vous connaître. »

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