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Un séisme de magnitude 7 « pourrait dévaster » Alger

Un séisme de magnitude 7 « pourrait dévaster » Alger

Un séisme de magnitude 7 « pourrait dévaster » Alger, a affirmé ce mardi Abdelkrim Chelghoum, directeur de recherche à l’USTHB et expert en génie parasismique, en pointant du doigt l’irresponsabilité des pouvoirs publics.

« 90% des projets d’infrastructures immobilières ont été érigés sur des sols non-constructibles dans la capitale. A Cheraga, à Ouled Fayet, à Aïn Benian, à Rouiba… 4000 à 6000 logements ont été érigés dans les lits mineurs des oueds, aux abords des oueds. Comment ces projets peuvent-ils absorber une secousse sismique importante, sachant que le sol d’un oued est lâche ? », a fustigé.

« C’est pour ça que nous l’avons prohibé dans la loi 04/20 promulguée en décembre 2004. On avait dit que ce sont des zones non-constructibles. Après des walis et des ministres de l’Habitat qui arrivent et qui donnent tous les permis de construire, tous les certificats d’urbanisme… Comment la gestion du risque puisse se faire de manière cohérente et de manière cartésienne ? C’est impossible », a dénoncé M. Chelghoum. « Les pouvoirs publics n’ont pas respecté la loi », a-t-il avancé.

« Le risque représente l’aléa multiplié par l’enjeu. L’enjeu c’est les constructions, les habitations, les personnes. Il devenu énorme. Vous multipliez l’enjeu par un aléa déjà existant avec les cinq failles sismiques d’Alger, les cent oueds d’Alger qui sont totalement construits… Je ne sais pas comment le risque peut être quantifié, il faut qu’on invente une autre théorie malheureusement », a déploré l’expert.

« En 2005, j’avais prévu qu’un séisme de magnitude 7 à l’échelle de Richter dévasterait totalement la capitale. Avec l’expansion de la capitale qui a eu lieu durant les quinze dernières années, je pense que la situation est beaucoup plus sombre », a estimé Abelkrim Chelghoum. S’il considère qu’il n’est « pas trop tard » pour remédier à la situation, le directeur de recherche à l’USTHB indique cependant qu’il « faut malheureusement maintenant un plan colossal pour la protection de ces ouvrages ».

En mai 2003, un tremblement de terre de magnitude 6,8 avait frappé Boumerdes et l’Est d’Alger, faisant plus de 2600 morts.

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