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Procès d’Ouyahia et Sellal : le bâtonnier d’Alger charge violemment la justice

Procès d’Ouyahia et Sellal : le bâtonnier d’Alger charge violemment la justice

Le procès des deux anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, de plusieurs anciens ministres et hommes d’affaires, prévu ce lundi 2 décembre au tribunal de Sidi M’hamed, a été reporté à mercredi 4 décembre.

A l’issue du report, Me Abdelmadjid Sellini, membre du collectif de défense et par ailleurs bâtonnier d’Alger a annoncé le boycott des audiences à cause de ce qu’il a qualifié d’irrégularités procédurales.

« Celui qui n’a pas respecté les procédures ne peut être juste dans son jugement. La défense ne cautionne pas ces dépassements et a décidé de boycotter le procès », a annoncé l’avocat dans une déclaration à la presse.

« Le traitement des dossiers a été fait dans une précipitation inhabituelle. Les arrêts de renvoi et les procédures d’enrôlement de ces affaires sont irréguliers. L’enrôlement s’est fait en une semaine, alors que le Code de procédure prévoit un délai minimum de vingt jours. Les arrêts de renvois ont été pris tous le même jour et les avocats n’ont pas été informés. L’autre irrégularité, c’est la décision du juge de jumeler toutes les affaires, ce qui constitue un jugement préalable. Une telle décision ne peut être prise qu’après écoute des parties et délibération. Le jugement est donc pris en dehors de la justice », dénonce-t-il, comparant les bancs des accusés à « des potences d’exécution ».

Me Sellini souligne aussi le fait que « la Constitution prévoit le jugement du président de la République ou du chef de Gouvernement par une haute Cour, or cette cour n’existe pas ». « Faute de haute cour, on les a ramenés à la basse-cour », ironise-t-il.

Le bâtonnier dénonce sans ambages un « procès politique ». « Tout cela, ainsi que toutes les déclarations et la publicité autour, donnent à ces affaires un caractère politique et conjoncturel. Quand la politique entre, la justice sort. Dans cette conjoncture de règlement de comptes et de vengeance, un procès équitable n’est pas possible. Le procès équitable, le respect des droits, l’indépendance de la justice et l’indépendance de la décision du magistrat ne sont pas réunis dans ces affaires », dit-il.

Me Sellini a évoqué par ailleurs le cas de nombreux jeunes « emprisonnés pour avoir manifesté et qui se sont vu poursuivis avec des chefs d’inculpation qui n’ont pas été utilisés même pendant le terrorisme ». « Tout coupable doit répondre de ses actes, mais seulement devant une justice sereine », a-t-il conclu.

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