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Pétrole : les cours grimpent, mais jusqu’à quand ?

Les développements géopolitiques des derniers jours font grimper les prix du pétrole. Le baril de Brent (référence pour le pétrole algérien) flirte désormais avec les 80 dollars. Mais cette poussée de fièvre pourrait ne pas durer.

Si la décision de Washington de sortir de l’accord sur le nucléaire iranien était prévisible selon bon nombre d’observateurs, elle a toutefois provoqué ces derniers jours un nouveau pic annuel sur le marché pétrolier. Mardi, les cours du Brent ont atteint leur plus haut niveau depuis novembre 2014 à 79,47 dollars.

Début 2016, la levée des sanctions contre Téhéran marquait le retour du pays sur le marché pétrolier. Dans un contexte d’offre excédentaire, l’augmentation de la production de pétrole iranien avait ainsi contribué à faire chuter les prix de l’or noir. Mais le rétablissement des sanctions américaines contre Téhéran va avoir des conséquences sur les exportations de pétrole iranien, et donc sur l’offre mondiale et sur les prix. Est-ce à dire qu’il faut s’attendre à un nouveau pic ?

Si les analystes de la banque américaine Bank of America (BoA) tablent sur un baril à 90 ou 100 dollars dès l’année prochaine, les experts de l’agence de notation Moody’s pointent la forte hausse de la production non-Opep qui pourrait faire baisser les prix du pétrole.

Cela devrait faire retomber les cours vers « une fourchette de 45 à 65 dollars le baril à moyen terme », avancent-ils. Depuis quelques mois déjà, l’ampleur de la production américaine laisse la plupart des analystes du secteur dubitatifs sur un baril à plus de 70 dollars.

Ce mercredi, les cours évoluaient ainsi en légère baisse en début d’après-midi après la publication des estimations des chiffres hebdomadaires de l’association professionnelle American Petroleum Institute (API) mardi montrant une hausse des stocks américains de brut. L’association professionnelle fait ainsi état d’une hausse des stocks de brut aux États-Unis de 4,9 millions de barils la semaine dernière.

Les chiffres officiels sont toutefois venus contredire ces données en annonçant que les stocks américains avaient diminué plus que prévu la semaine dernière.

Néanmoins, il ne faut pas négliger la possibilité que la hausse des cours vienne doper une nouvelle fois la production américaine. Pour rappel, ces derniers mois, la montée des cours a permis aux producteurs américains de relancer leurs opérations de forage.

En outre, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a légèrement abaissé mercredi sa prévision de croissance de la demande de pétrole en 2018, envisageant désormais un ralentissement au deuxième semestre, notamment en raison de la hausse des prix. L’AIE s’attend à ce que la demande mondiale de pétrole progresse de 1,4 million de barils par jour (mbj) en 2018, contre 1,5 mbj annoncé le mois dernier.

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