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Ligne maritime Alger-Tamentfoust : deuxième jour et déjà une panne de gasoil

Ligne maritime Alger-Tamentfoust : deuxième jour et déjà une panne de gasoil

L’inauguration de la ligne maritime Alger-Tamentfoust-Alger s’est effectuée mardi 10 juillet. Nous nous sommes rendus à la station de transport maritime urbain du port de pêche d’Alger, en ce deuxième jour de mise en service.

Mercredi 11 juillet. Il fait 36 degrés et il est midi. Nous découvrons une affichette où sont inscrits tarifs et horaires des dessertes. Quatre départs sont programmés par jour, à partir d’Alger. 8h-10h- 13h et 15 h. Nous nous acquittons du prix du ticket : 250 da et attendons l’arrivée du bateau, prévue à 13 heures. Une ristourne est consentie aux enfants : 100 da le ticket. Quant aux étudiants, ils ont droit à une réduction de 50 %. La traversée dure entre 15 et 20 minutes nous apprend l’un des préposés aux guichets.

Trop cher le ticket

Dans ce hall, les sièges métalliques sont tous occupés. Tout le monde semble impatient d’effectuer la traversée. Des parents sont venus accompagnés de leurs enfants. La plupart des personnes interrogées trouvent le prix exagéré.

« J’ai dû débourser 550 da pour moi et mes 3 enfants juste pour un aller simple. Je dois payer la même somme pour le retour. Ce n’est quand même pas donné », juge une dame qui a tenu à offrir cette balade en mer à sa petite famille à l’occasion des vacances d’été.

D’autres personnes ont témoigné être là, plus par curiosité que pour utiliser cette embarcation comme moyen de transport. « Cela coûte moins cher d’emprunter le métro et le tramway » admet une jeune fille rencontrée au niveau du guichet.

En cette journée caniculaire, la station de transport maritime étouffe. Il y a bien deux énormes climatiseurs mais ils ne refroidissent rien du tout. Une odeur d’urine se dégage des sanitaires. L’air est irrespirable. Seule la perspective de naviguer sur les flots bleus aide à tenir le coup.

Panne de gasoil. On reste à quai !

Vers 12 h55, le petit bateau apparait dans le port d’Alger. Il avance doucement vers le quai, transportant les voyageurs qui ont embarqués dans le port de Tamentfoust.

Alors qu’une centaine de personnes quitte l’embarcation, nous nous apprêtons à vivre cette traversée à notre tour. Petite bousculade surtout parmi les enfants excités de monter à bord. On nous demande de préparer nos tickets d’accès.

L’attente se prolonge dans la chaleur suffocante. Palabre de l’équipage sur le quai. Puis un membre de l’équipage s’avance et lance à la cantonade, sans aucune formule d’excuse: « Le départ est retardé. Nous partons dans environ une heure. Nous attendons d’être approvisionnés en gasoil ! ».

Stupeur et colère dans la foule. « Cela fait une heure que j’attends avec ma mère. Nous avions programmé cette sortie en mer pour prendre un bol d’air » fulmine un quadragénaire. Non seulement les tickets ne sont pas donnés, mais en plus on nous prend pour des moutons ».

Aussitôt le guichet est pris d’assaut. Beaucoup de voyageurs demandent à être remboursé. Nous avons fait la même chose. Deux heures d’attente dans la chaleur moite et les odeurs nauséabondes, avec des horaires pas sûrs du tout, le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Un grand ratage pour ce qui a été annoncé comme un moyen de transport fiable et efficace. À quand la fin du mépris envers les usagers ? Gérer une liaison de transport maritime ne signifie-t-elle pas être prévoyant en s’approvisionnant à l’avance en carburant ? C’est une question de professionnalisme et de respect pour les usagers !

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