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Le pouvoir, seul contre tous

Le pouvoir, seul contre tous

Dans son entêtement à s’accrocher à une légalité constitutionnelle de façade et à vouloir imposer une fausse transition, le pouvoir algérien n’a d’égal que les pires dictatures au monde.

Depuis le 22 février dernier, les Algériens manifestent pacifiquement chaque vendredi pour réclamer le changement et le départ d’un système qui a fait de l’Algérie, ce grand pays vaste et riche, précurseur des luttes de libération contre le colonialisme, une nation au statut quelconque, réduite à surveiller les cours du pétrole.

Au lieu de répondre aux demandes des Algériens, le pouvoir s’est attelé à faire ce qu’il maîtrise le mieux : diviser, réprimer, provoquer, évoquer la main de l’étranger, faire peur… Toute la panoplie qu’utilise les régimes autoritaires pour casser un mouvement populaire pacifique.

A défaut d’utiliser directement la manière forte qu’il a peur d’assumer faute de légitimité suffisante – aucun des trois B n’est élu -, le pouvoir utilise les méthodes sournoises pour atteindre le même objectif, qui est celui de casser le mouvement populaire. Ainsi, depuis le début des manifestations, il a dressé, comme dans un jeu, une multitude d’obstacles sur le chemin du mouvement populaire.

Après avoir minimisé l’ampleur de la colère des Algériens, ignoré les avertissements et les mises en garde, il a commencé à faire quelques concessions, en renonçant à présenter un président malade à un 5e mandat. Mais sur l’essentiel, il n’a rien cédé. Le pouvoir veut contrôler la transition et continuer à désigner des présidents de façade.

Alors que le peuple réclame une véritable transition démocratique gérée par des personnalités crédibles, le pouvoir propose le contraire : la continuité pour régénérer un système, avec au mieux, une alternance clanique. Il ne peut pas faire autrement. C’est dans son ADN. Son mode de fonctionnement, périmé et dépassé, ne prévoit aucune place pour le peuple. Les décideurs ne peuvent pas se transformer du jour au lendemain en bons démocrates qui acceptent une véritable alternance au pouvoir. Les intérêts individuels des barons du régime priment sur l’intérêt collectif, celui des Algériens.

Dans son entêtement, le pouvoir est seul contre tous. Ses défenseurs sont invisibles, quasi inexistants. Ils se cachent en attendant de connaître le nom du vainqueur pour se mettre à son service. En face, ses opposants sont nombreux. La population a rejeté massivement toutes ses propositions. Les partis de l’opposition de toute obédience, des personnalités nationales, les experts économiques, les syndicats… Même l’Organisation nationale des Moudjahidin soutient les Algériens dans leur combat pour un changement pacifique du régime.

Le régime fait la sourde oreille, ne veut écouter que sa propre voix. Incapable de proposer de vraies solutions, il continue de se comporter en tuteur d’un peuple dont le pacifisme a séduit le monde entier. Il prétend qu’il est le seul à se soucier du bien-être et de la sécurité des Algériens alors qu’en réalité, il mène le pays droit vers la catastrophe.

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