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Le FLN organise un grand show à Alger pour s’approprier le « candidat » Bouteflika

Le FLN organise un grand show à Alger pour s’approprier le « candidat » Bouteflika

« Bouteflika dialana ». Le slogan est écrit en gros caractères sur des pancartes en fond bleu-violet. Ce même bleu-violet qui colore les campagnes de l’actuel chef de l’État depuis 2004.

Le slogan est exhibé partout à la Coupole du complexe Mohamed Boudiaf, à Alger, où se tient, ce samedi 9 février, le grand meeting du FLN en faveur de « la continuité », formule utilisée pour désigner le cinquième mandat. Autre slogan choisi : « Bouteflika ikhtiari » (Bouteflika, mon choix »), inscrit sur des ballons blancs.

Dans un langage populaire, le FLN revendique Abdelaziz Bouteflika comme « son » candidat officiel à la présidentielle du 18 avril 2019. Pourtant, Bouteflika est officiellement candidat indépendant, selon son entourage. Et le parti de la majorité présidentielle le sait.

Renforcé par la victoire aux sénatoriales de décembre 2018, le FLN entend seulement marquer les esprits, entamer en force la pré-campagne pour un autre le cinquième mandat.

« La scène ne peut pas supporter le poids » !

Les militants et « les sympathisants » de toutes les wilayas ont été convoqués à Alger, un samedi ensoleillé de février, pour assister à un « grand show ». Pour le FLN, le rendez-vous de ce samedi est capital. « Tayeb Louh et Beda Mahjoub sont venus dans la soirée d’hier s’assurer des bons préparatifs du meeting », révèle un agent de sécurité.

Dès les premières heures de la matinée, les militants, venus par bus, rejoignent une grande salle où sont déjà accrochés des portraits de Bouteflika et des banderoles. Un écran géant occupe le haut de la scène avec deux écrans latéraux sur lesquels est fixé un grand portrait de Bouteflika souriant sur fond de couleurs nationales. L’ambiance est assurée par des chants patriotiques « Min jibalina » et « Min ajlika ichna ya watani ». « Lillah ya jazayer » et « Ya dzayer » de Khaled tournent en boucle pour « chauffer la salle ». Autant que « Bladi hiya el djazair » de Mami, revendiqué presque comme un chant fédérateur.

L’accès à la grande salle, archi comble, est pénible pour les reporters et les photographes. L’espace réservé aux caméras est réduit. Les cameramen sont obligés à chaque fois de crier pour que les militants debout libèrent le champ de vision. Les journalistes femmes sont malmenées surtout devant la scène.

L’avant-scène est envahie de partout dans une incroyable anarchie. Au micro, un homme prie les organisateurs et les reporters de libérer la scène. « La scène ne peut pas supporter le poids », prévient-il. Les anciens secrétaires généraux du parti Abdelaziz Belkhadem et Amar Saâdani ne sont pas venus. Autre absent : l’ancien Premier ministre Abdelmadjid Tebboune, pourtant membre du Comité central du FLN. Pas d’explications.

Djamel Ouled Abbes est, lui, venu. Autant que Haba Okbi (conseiller à la présidence de la République), Tayeb Louh, Beda Mahjoub, Amar Tou, Abdelmalek Boudiaf, Said Berkat, Abdelhakim Bettache, Ali Haddad et d’autres. Installés aux premières loges, ils ne sont pas visibles tant les bousculades et les va-et-vient sont intenses, incessants.

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Abdelmalek Sellal ovationné

L’arrivée d’Abdelmalek Sellal, ex-premier ministre et directeur de campagne pour Bouteflika, suscite l’ovation dans la salle. Sellal s’installe à côté de Mokhtar Reguieg, directeur de protocole du président de la République. « La prochaine fois, nous ferons notre meeting au stade du 5 juillet », lance Moad Bouchareb, coordinateur du FLN, après plus de trois heures d’attente. Aucun chiffre n’est avancé sur le nombre des présents. À la presse, Djamel Ould Abbés évoque le nombre de 60.000 militants, ce que la Coupole ne peut pas contenir.

Dans son allocution, Moad Bouchareb parle de « rencontre nationale globale de rassemblement de tous les cadres et militants ». Il souligne « l’unité du parti » et insiste sur « la main dans la main » dans le soutien renouvelé « au Moudjahid Abdelaziz Bouteflika » pour continuer « le parcours de la construction nationale » pour une « Algérie forte, immunisée par la cohésion de son peuple ». Il plaide pour les valeurs de la fidélité et de la loyauté, rappelle l’attachement aux enseignements de novembre et qualifie le FLN de parti des « hommes libres » et de parti de « la modération et de voie médiane ».

« Nous sommes tous venus aujourd’hui, jeunes ou vieux, pour un seul homme Abdelaziz Bouteflika. Levez-vous pour le saluer. Son nom est écrit en lettres indélébiles dans l’Histoire de l’Algérie et son parcours parle pour lui. Le FLN lui restera fidèle, soutiendra son programme et respectera ses décisions », dit-il à la salle.

Moad Bouchareb détaille ensuite quelques réalisations économiques et politiques, qualifiées de « géantes et historiques » du chef de l’État sortant comme « la réconciliation nationale », « la reconnaissance de tamazight comme langue nationale et officielle », « la stabilité du pays » et « le développement économique ».

« Le nouveau mandat pour Bouteflika est votre revendication et celle des citoyens »

Avant l’allocution de Moad Bouchareb, un court documentaire a été projeté montrant les réalisations de Bouteflika avec des extraits de discours.

« Nous nous attachons à la continuité pour que le parcours des réalisations se poursuit. Le président Bouteflika est le digne fils du FLN. Il a passé sa vie à servir son pays. Il est le plus apte à pouvoir diriger le pays. Nous renouvelons le serment au président moudjahid Bouteflika. En votre nom, en toute fierté et en toute reconnaissance, j’ai l’honneur d’annoncer que le FLN présente Abdelaziz Bouteflika comme candidat à la présidentielle (…) Le nouveau mandat pour Bouteflika est votre revendication et celle de tous les citoyens », déclare Moad Bouchareb, suscitant une vague d’applaudissements dans la salle. Le meeting se termine dans un immense brouhaha.

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« Nous n’avons vu que du bien avec Bouteflika en 21 ans. La sécurité, la paix, la stabilité, le développement, l’amazighité… L’Algérie est aujourd’hui debout. Nous le présentons comme candidat pour assurer la continuité. C’est un jour de fête », déclare Djamel Ould Abbés, ex-secrétaire général du FLN, dans une brève déclaration à la presse, au sortir du meeting.

Saida Bounab, membre de la direction du FLN, va dans le même sens que Djamel Ould Abbés et Moad Bouchareb en évoquant les réalisations de Bouteflika durant ses quatre mandats. « La continuité pour nous signifie la stabilité, le développement local et la relance économique. Nous avons besoin de cet homme. Il n’y a qu’à avoir ce qui se passe dans le voisinage. Avec Abdelaziz Bouteflika, la femme a eu beaucoup d’acquis », souligne-t-elle dans une déclaration à TSA.

Qu’en est-il de l’état de santé du président ? « Son état de santé ne l’empêche pas de pouvoir encore gouverner. Vous savez que durant son quatrième mandat, l’État ne s’est pas arrêté de fonctionner, les élections ont été organisées aux rendez-vous convenus, la stabilité et le développement du pays sont assurés. Le président de la République mérite tout notre respect et a besoin de notre soutien », répond-elle.

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