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« L’Algérie enregistre l’entrée quotidienne de 400 migrants à partir des frontières Sud »

« L’Algérie enregistre l’entrée quotidienne de 400 migrants à partir des frontières Sud »

Hassan Kacimi, responsable en charge du dossier de la migration au ministère de l’Intérieur, a remis en cause, ce jeudi 11 octobre, le contenu du rapport de Felipe Gonzalez Morales, rapporteur spécial du Conseil des droits de l’homme de l’ONU sur les droits des migrants, rendu public cette semaine après une mission au Niger.

« Les informations contenues dans ce rapport sur la reconduction des migrants venus du Niger sont fausses. Le rapporteur Felipe Gonzalez Morales a puisé ces données auprès d’une partie qui n’a pas de crédibilité. Il s’agit des réseaux de trafic de migrants qui n’ont pas intérêt à ce que l’Algérie reconduise les migrants aux frontières parce qu’ils sont les premiers à en tirer profit. Comment peut-on solliciter un trafiquant de vous donner des renseignements sur les reconductions faites par l’Algérie ? Il est sûr qu’il vous donnera de fausses informations pour qu’il continue son trafic en gagnant beaucoup d’argent », a-t-il accusé dans entretien à TSA Arabi.

Felipe Gonzalez Morales a demandé à l’Algérie de « cesser immédiatement les expulsions » de migrants africains. Il a parlé de « migrants raflés à leurs domiciles en pleine nuit, sans même avoir le temps de s’habiller, de prendre leurs affaires et leurs économies ». « Ils sont emmenés dans des postes de police, battus, puis déportés par bus vers la frontière du Niger où ils doivent marcher pour rejoindre la ville la plus proche », a-t-il écrit.

« Un danger pour l’ordre public »

Des accusations infondées, selon Hassan Kacimi. « Il ne fait pas la différence entre la reconduction aux frontières et l’expulsion. L’Algérie a un accord avec les autorités nigériennes sur la reconduction de migrants nigériens en situation irrégulière en Algérie. Dans son rapport, Felipe Gonzalez Morales a agi comme un mercenaire qui travaille pour le compte de parties connues, et pas pour les droits de l’homme », a-t-il affirmé, en rappelant le communiqué du ministère des Affaires étrangères dénonçant les déclarations du rapporteur onusien.

Pour Alger, Felipe Gonzalez Morales a « outrepassé les limites de son mandat » et a pris « pour vérités, les allégations des personnes reconduites à la frontière pour séjour illégal ».

« En tant que rapporteur onusien, il n’a pas la prérogative de menacer un Etat. Ce qu’il a écrit dans son rapport est infondé. Il n’a relevé aucun point positif en faveur de l’Algérie alors que tout le monde sait que l’Algérie a fourni beaucoup d’efforts pour reconduire les migrants irréguliers en y consacrant un gros budget. Le rapport de l’ONU n’a pas évoqué les réseaux de trafic de migrants qui sont basés à Agadez au Niger où 14.000 véhicules sont utilisés par 7 000 trafiquants pour conduire les migrants clandestins vers l’Algérie et la Libye», a détaillé Hassan Kacimi.

La question des migrants est, selon lui, devenue une carte de pression utilisée contre les État pour les obliger à ouvrir des centres de rétention pour les sans-papiers et « pour s’ingérer dans les affaires internes des pays ». « Il faut noter que 99 % des 35.000 migrants reconduits par l’Algérie aux frontières étaient « recrutés » par des réseaux de mendicité. L’Algérie enregistre l’entrée quotidienne de 400 migrants clandestins à partir des frontières Sud. Certains de ces migrants constituent un danger pour l’ordre public et un grand nombre d’entre eux est porteur de maladies graves et contagieuses comme le Sida et la Tuberculose qui marque un retour en Algérie », a ajouté M. Kacimi. 

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