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Football : l’Algérie incapable d’abriter une compétition majeure

Football : l’Algérie incapable d’abriter une compétition majeure

Vingt-huit ans après avoir organisé la 17e Coupe d’Afrique des nations CAN-1990, l’Algérie reste toujours incapable d’organiser le plus grand rendez-vous footballistique majeur du continent, échouant en 2015 à abriter la CAN-2017, confiée au Gabon.

La sortie médiatique lundi du ministre de la Jeunesse et des sports Mohamed Hattab, aussi paradoxale qu’elle puisse être, est venue confirmer que le pays n’est pas encore prêt pour renouer avec le plus grand tournoi africain, en affirmant que l’organisation de la CAN-2019, retirée au Cameroun, n’était pas une priorité pour l’Algérie.

« Le fait que l’Algérie dispose de moyens humains et matériels nécessaires pour récupérer l’organisation de cette CAN ne constitue pas une raison suffisante pour se lancer de ce projet. Dans l’immédiat, la priorité pour l’Algérie est d’achever ses grands projets en termes d’infrastructures », a indiqué Hattab aux médias, lors d’une journée de sensibilisation et de lutte contre la sédentarité à l’OCO Mohamed-Boudiaf (Alger), cité par l’agence officielle.

Le constat est accablant. À l’exception des stades du 5-juillet, de Blida ou encore de Constantine, capables d’abriter des rencontres internationales de haut niveau, il existe un grand déficit sur le plan infrastructurel qui empêche notre pays de concurrencer le Maroc ou l’Afrique du Sud, qui ont une longueur d’avance.

Pourtant, le prédécesseur de Mohamed Hattab, El-Hadi Ould Ali avait indiqué dans l’une de ses déclarations que l’Algérie a « les moyens d’organiser la CAN et de la gagner ». Une déclaration qui se contraste avec la réalité du terrain.

Pourquoi l’Algérie est restée à la traîne sur le plan organisationnel ?. Éléments de réponse.

La leçon n’a pas été retenue

Pour la première fois depuis la CAN-1990, l’Algérie s’était portée candidate à l’organisation de la dernière CAN-2017, avec le Gabon et le Ghana comme concurrents.

L’Algérie qui avait présenté en avril 2015 un dossier qualifié pourtant de « solide » par le ministre de la Jeunesse et des sports de l’époque Mohamed Tahmi, avait essuyé un cuisant échec en se faisant battre par le Gabon, qui allait organiser pour la deuxième fois le rendez-vous africain après l’avoir partagé avec la Guinée équatoriale en 2012.

L’annonce de la CAF de désigner le Gabon en tant que pays hôte de la CAN-2017, avait été accueillie avec beaucoup de consternation et de déception par les Algériens, qui espéraient voir enfin le pays abriter une Coupe d’Afrique.

« Tout s’est joué d’avance dans l’attribution de la CAN-2017. La candidature de l’Algérie a mis à nu un dysfonctionnement au sein de la CAF. Tout s’est joué d’avance. Il n’y a pas eu de transparence dans la désignation », avait justifié Tahmi.

Trois ans et demi plus tard, aucun nouveau stade n’a encore vu le jour. Pire, l’échec d’abriter la CAN-2017 a eu pour effet de ralentir le rythme des travaux des stades de Baraki, d’Oran, et de Tizi-Ouzou, pas encore achevés. Une situation pour le moins inquiétante dû notamment aux obstacles bureaucratiques et financiers. Dans le secteur des sports, comme partout ailleurs, le gouvernement se contente souvent de lancer des projets, sans assurer un suivi régulier et rigoureux de leur réalisation.

Les autorités auraient pu accélérer la cadence afin d’inaugurer ces enceintes sportives en vue d’autres éventuelles candidatures, mais comme aucune échéance ne se profilait à l’horizon, l’on a préféré plutôt suivre la marche de la tortue. La leçon n’a encore été retenue.

L’Algérie ne fait plus le poids au sein de la CAF

En dehors de l’aspect infrastructurel, primordial pour prétendre organiser une épreuve majeure, un autre paramètre aussi important entre en considération et dont l’Algérie ne dispose pas : la présence de personnalités dans les différentes commissions de la CAF mais également de la FIFA, une manière de gagner le jeu de coulisses, devenu légion depuis plusieurs années en Afrique.

Aujourd’hui, l’Algérie n’a pratiquement aucun membre au sein de l’instance africaine, ce qui induit que le pays ne peut prétendre à gagner la moindre « bataille ». Le Maroc, potentiel favori pour récupérer l’organisation de la CAN-2019, détient en son président de fédération Faouzi Lekjaâ un véritable atout et pas des moindres. Lekjaâ occupe en effet le poste de 3e vice-président de la CAF.

Depuis le départ de l’ancien président de la fédération algérienne (FAF) Mohamed Raouraoua, qui faisait partie du Bureau exécutif de la CAF et de la FIFA, l’Algérie n’a plus de représentant dans ces deux instances, ce qui l’empêche d’avoir son mot à dire.

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