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Fermeture des frontières : « Il y a des Algériens qui doivent rentrer au pays »

Fermeture des frontières : « Il y a des Algériens qui doivent rentrer au pays »

Le député de l’émigration, Noureddine Belmeddah, appelle à la réouverture « ne serait-ce que partielle » des frontières pour permettre le retour au pays aux Algériens, et donne des exemples de cas jugés « urgents« .

« Certains cas urgents ont été interdits de rentrer dans les avions réservés au rapatriement. Ils avaient des parents qui étaient entre la vie et la mort », déplore M. Belmeddah dans une déclaration à TSA, ce dimanche 20 septembre.

Pour lui, « dans la conjoncture actuelle on ne peut pas fermer les frontières aux ressortissants ayant un passeport algérien ». « Pour notre part, nous comprenons toute mesure que l’État algérien entend prendre ; et nous sommes disposés à l’appliquer », ajoute-t-il.

« Nous sommes conscients que la situation épidémiologique est encore dangereuse dans tous les pays du monde, comme il se pourrait qu’on assiste à d’autres phases de cette épidémie. Et l’Algérie n’est pas prête à sacrifier la santé et la sécurité de ses citoyens. Mais il y a des Algériens qui doivent rentrer au pays », insiste-t-il.

La communauté algérienne à l’étranger « comprend parfaitement la décision naturelle et logique de la fermeture des frontières à cause de la pandémie de coronavirus », assure l’élu.

« Cette décision est la plus idoine et la plus rapide pour protéger les Algériens de cette épidémie », soutient-il, en rappelant que l’Algérie « a déployé des efforts comme aucun autre pays, ça il ne faut pas le nier, en procédant au rapatriement de 32 000 de ses ressortissants qui étaient bloqués à l’étranger ».

« Ces derniers ont été pris en charge, et il y en a même parmi eux qui ont été rapatriés gratuitement, pour être pris en charge dans de grands hôtels », poursuit-il.

M. Belmeddah égrène quelques cas qui, selon lui, nécessitent une prise en charge urgente. « Je connais des familles dont les enfants devaient passer le baccalauréat dont ils ont été privés. D’autres devaient envoyer des médicaments pour leurs parents qui en dépendent… ».

« Certains, au moment où on les a appelés pour embarquer, ont eu un contretemps qui les a contraints à changer de numéro de téléphone et se sont retrouvés sans la moindre information. Un Algérien avait son fils hospitalisé m’a expliqué qu’il ne pouvait pas partir et le laisser », détaille-t-il.

| Lire aussi : Fin des opérations de rapatriement : quelle solution pour les Algériens toujours bloqués ?

« Il y a des Algériens qui ont une résidence à l’étranger et une nationalité étrangère mais qui travaillent et vivent en Algérie. D’autres ont la nationalité étrangère et la résidence à l’étranger mais ont des enfants qui poursuivent leur scolarité en Algérie. Il y a aussi parmi notre communauté certains qui travaillent à l’étranger pendant une certaine période et repartent en Algérie pour y passer le reste des mois. Certains n’ont pas vu leurs enfants et épouses depuis une année. Imaginez qu’un Algérien s’est contenté de voir son enfant qui était né en Algérie via le smartphone. Un Algérien qui réside à l’étranger m’a raconté que sa femme qui vit en Algérie est sur le point d’accoucher. Il est complètement désemparé devant cette situation ». « Nous souhaitons que ces cas humanitaires soient pris en charge par l’État algérien », détaille encore M. Belmeddah.

Obstacles bureautiques

En sa qualité de député de l’émigration, Noureddine Belmeddah a adressé des courriers aux hautes autorités du pays sur la réouverture des frontières tout en soulignant qu’elles sont souveraines de prendre les mesures qu’elles jugent idoines.

Selon lui, certains membres de la communauté algérienne sont prêts à payer de leur argent les frais d’hôtel de leur hébergement en Algérie (dans le cadre de la quarantaine). « La communauté algérienne n’exige rien et se montre compréhensive aux mesures prises », assure Belmeddah.

Le député de l’émigration fait part de quelques obstacles d’ordre bureautique qui compliquent la prise en charge des Algériens bloqués à l’étranger.

Il déplore que le rôle des consulats algériens à l’étranger soit complètement occulté, bien qu’ils soient, selon lui, les mieux placés pour assurer cette tâche.

« Les consulats ont pratiquement les poings liés et ne peuvent même pas changer les noms sur les listes qui venaient d’Alger. Malgré cela, on peut dire que la plupart des ressortissants algériens ont été rapatriés », souligne Belmeddah.

Le député évoque aussi des retards liés à la mise en place des protocoles sanitaires. « Je me suis longuement entretenu avec le Dr Mohamed Bekkat Berkani (membre du comité scientifique Covid) qui m’a certifié qu’il y a un retard dans certaines démarches dont le comité n’est pas responsable. Par exemple, il m’a indiqué que la compagnie Air Algérie n’a pas encore présenté jusqu’à l’heure actuelle le protocole sanitaire aux membres du comité scientifique pour validation. Même chose pour l’ENTMV (transport maritime). J’ai moi-même pris attache avec la direction de l’ENTMV qui m’a assuré que le protocole sanitaire la concernant est prêt et se trouve au niveau du ministère des Transports ».

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