search-form-close

Coupe du monde : une candidature maghrébine, pourquoi pas ?

Dommage, le Maroc n’organisera pas la Coupe du monde de football en 2026. Mais le royaume pouvait-il éviter ce cinquième échec presque consécutif dans sa quête d’obtenir l’organisation de l’un des plus prestigieux événements sportifs de la planète ? Il en avait très peu de chances en tout cas et pas seulement pour des raisons techniques.

Parler aujourd’hui de surprise ou même de déception ne serait pas approprié au vu des énormes insuffisances que traînait le « bid book » marocain mais surtout du poids du dossier concurrent présenté par trois grands pays, dont un n’est autre que la première puissance mondiale.

| LIRE AUSSI : Mondial 2026 : la grande déception du Maroc, trahi par l’allié saoudien

La première grande embûche devant la candidature marocaine, c’est le passage de la compétition à 48 nations participantes, conte 32 jusque-là. L’idée était de Gianni Infantino qui l’a aussitôt mise en pratique dès son élection à la tête de la Fifa et qui a logiquement fait part de sa préférence pour une candidature collégiale à cause des moyens que nécessite l’organisation d’un tournoi avec un aussi grand nombre de participants. Vu sous cet angle, le Maroc n’avait donc pas de grandes chances d’être retenu. Aussi, la task-force de l’instance internationale, dépêchée pour évaluer les deux candidatures, a certes validé le dossier marocain, mais non sans émettre de sérieuses réserves dans son rapport lu devant les fédérations votantes. L’écart entre les recettes financières prévisionnelles des deux dossiers était également énorme.

L’autre explication à cet énième échec marocain est aussi liée au changement de tête à la Fifa. C’est encore Infantino qui fut derrière le changement du mode de désignation du pays organisateur de la Coupe du monde. Jusque-là, le choix était du ressort exclusif des membres du conseil exécutif de l’instance mondiale, mais après les soupçons de malversations dans l’attribution des éditions 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar respectivement, le nouveau patron de la Fifa a décidé que le vote se fera par le collège de toutes les fédérations membres, réunies en congrès. Et si le Marcoc avait échoué à quatre reprises devant le comité exécutif, autant dire qu’il n’avait presque aucune chance de réussir seul devant le collège des fédérations.

Ce n’est un secret pour personne en effet que le vote ne pouvait être celui des fédérations, mais celui des États. Après l’influence de l’argent dans l’attribution des coupes du monde, le poids de la politique. Un terrain sur lequel le royaume du Maroc ne pouvait rivaliser avec la première puissance mondiale, qui plus est alliée à deux autres grands pays. La force de lobbying conjuguée des États-Unis, du Mexique et du Canada ne pouvait être égalée par celle d’un pays africain de taille moyenne, de surcroît esseulé. D’où l’immense écart dans les voix récoltées par les deux dossiers lors du vote de ce mercredi 13 juin.

Pour que le Maroc gagne dans ces conditions et au vu de tous les critères cités, il fallait une plus faible concurrence, celle d’un petit pays du tiers-monde par exemple. Est-ce à dire que le Royaume n’aura pas plus de chances pour les prochaines éditions ? Hélas, un sixième échec n’est pas à exclure, puisqu’à la FIFA semble convaincue que la Coupe du monde à 48 équipes ne peut être organisée que par un pays-continent, comme l’Inde ou la Chine, ou par un consortium de deux ou trois pays. Aussi, combien même un pays peut convaincre de sa capacité à accueillir seul un tournoi d’une telle envergure, il faudra une force de lobbying et de persuasion sur le plan diplomatique, seul gage pour obtenir le nombre de voix nécessaires. Or, une telle capacité, le Maroc ne l’a pas en l’état actuel des choses et rien ne garantit qu’il l’aura dans les prochains années.

Doit-il donc mettre un trait sur le projet et oublier dès maintenant le rêve d’abriter le grand rendez-vous planétaire ? Sans doute pas, puisqu’une candidature commune avec les autres pays du Maghreb changera complètement la donne. Un dossier Algérie-Maroc-Tunisie n’a pas de garantie de victoire, mais ses chances sont infiniment plus grandes que celles d’un dossier unique. Le Maroc et la Tunisie apporteront leurs infrastructures sportives et hôtelières déjà existantes et l’Algérie, qui est également en train de se doter de grands stades aux normes mondiales, pourra mettre dans la balance l’expérience de sa diplomatie et son aura auprès de nombreux pays du tiers-monde et de l’ex-bloc socialiste.

Cela semble la seul chance pour les Maghrébins d’assister chez eux à une Coupe du monde de football. Pourquoi ne pas y penser dès maintenant ?

close