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Cinquième mandat pour Bouteflika : l’opposition doute

Cinquième mandat pour Bouteflika : l’opposition doute

Et si tout cette agitation menée par le secrétaire général du FLN autour du 5ème mandat n’est, au final, qu’un écran de fumée visant à brouiller les pistes, le temps qu’un consensus se dégage au sommet de l’État autour du vrai candidat du système qu’on sortira du chapeau le moment venu ?

Certes, dans un système aussi opaque que celui qui s’est imposé au pays depuis 1962, rien n’est à écarter, à commencer par le 5ème mandat. Sauf qu’avec l’état physique dans lequel le président Bouteflika s’est présenté le 1er novembre – il est apparu très affaibli-, une telle option parait de plus en plus improbable et surtout invendable, auprès de l’opinion algérienne comme des partenaires étrangers.

En tout cas, des partis et personnalités de l’opposition doutent sérieusement qu’un tel scenario puisse se produire et avance l’idée d’un autre candidat que des officines seraient en train de préparer. Pour le porte-parole de Talaïe Al Houriyat, Amed Adhimi, le cinquième mandat pour l’actuel chef de l’État n’est rien d’autre qu’une « diversion ». « À Talaie El-Houriat, on ne croit pas à un cinquième mandat. Tout le monde a vu, lors de sa dernière apparition à l’occasion du 1er Novembre, l’état de santé du président Bouteflika. Il est clairement incapable d’assumer les missions de président. S’ils décident d’aller vers un cinquième mandat, c’est qu’ils sont fous ! C’est qu’ils veulent le chaos ! », a-t-il soutenu, dans une déclaration faites à Liberté.

Poussant l’analyse plus loin, il a assuré qu’il existerait « deux ou trois personnes qui préparent un tout autre scénario inconnu, y compris pour ceux qui appellent au cinquième mandat ».

Avant le porte-parole du parti d’Ali Benflis, le président du RCD, Mohcine Belabbas, avait lui aussi évoqué l’idée d’un autre scenario en préparation dans les coulisses du régime, sans pour autant écarter totalement l’éventualité de voir l’actuel président rempiler pour un nouveau mandat. « Il y a certainement un scénario qui est en train d’être concocté en haut lieu », a-t-il assuré, dans une interview accordé mi-octobre dernier à TSA. Avant d’ajouter : « On a l’impression que le régime actuel navigue à vue. Il est en train de chercher un candidat pour l’après-Bouteflika mais je ne pense pas qu’ils l’ont trouvé et ils ne le trouveront pas tout de suite au risque de se retrouver avec, si l’actuel chef de l’État ne se représente pas, avec un candidat sans aucune envergure. Un candidat par défaut, en somme ».

Le président du MSP, Abderrezak Makri, a été le premier à émettre des doutes sur le sérieux de l’option d’un 5ème mandat qu’il a eu à qualifier, début aout dernier dans une interview à TSA, « des plus hypothétiques ». « Il est inconcevable qu’un président de la République ne puisse pas communiquer avec ses collaborateurs, avec le peuple algérien, voire même à l’échelle internationale. C’est quelque chose d’inimaginable. Et l’état de santé du président est connu de tous les Algériens », expliquait-il.

Autre point commun aux responsables de ces trois partis : ils annoncent d’ores et déjà leur intention de boycotter la présidentielle d’avril 2019 si le président Bouteflika se porte candidat à sa propre succession. Il reste un question : ces partis qui ont adopté jusqu’ici une position quelque peu attentiste se sont-ils vraiment préparés à l’autre éventualité, c’est-à-dire la non-candidature de Bouteflika ? Dans cette hypothèse, auront-ils assez de temps pour peaufiner leur programme et leur stratégie pour croiser le fer avec l’autre candidat du système ? Pas sûr.

On a l’impression que l’opposition est tombée dans le piège du système qui, en voulant empêcher l’émergence d’une quelconque alternative crédible et de rester maitre du jeu politique algérien, a délibérément cultivé le flou.

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