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Cinq points sur la candidature d’Ali Ghediri à la magistrature suprême

Cinq points sur la candidature d’Ali Ghediri à la magistrature suprême

CONTRIBUTION. Je souhaiterais évoquer la candidature de l’ex-général-major Ali Ghediri à la magistrature suprême, en cinq points dans l’espoir de contribuer à la clarification du débat politique actuel.

1. Ali Ghediri ne fait plus partie du Haut commandement militaire. Il est aujourd’hui une personnalité civile qui a les mêmes droits que le citoyen lambda, mais pas moins. Sa candidature à la magistrature suprême est parfaitement légitime et toutes les manœuvres orchestrées par tel ou tel clan ou faction pour l’intimider ou saborder sa campagne sont hautement condamnables.

2. Le chef d’état-major, vice-ministre de la Défense, est totalement étranger aux mésaventures d’Ali Ghediri et assume, sans désemparer, sa mission de sauvegarde de l’intégrité territoriale du pays et de préservation de la paix et de la sécurité des Algériens. Il est pareillement erroné d’affirmer ou de laisser entendre qu’il soutient la candidature du président de la République sortant. Sa neutralité qui appelle l’approbation ne s’est pas démentie une seule fois.

3. L’ex général-major Ali Ghediri éprouve aujourd’hui à ses dépens, les méthodes utilisées naguère par l’institution sécuritaire qu’il défend becs et ongles, contre non seulement des personnalités politiques, mais aussi et surtout contre des citoyens innocents. Si Ali Ghediri continue de manifester sa nostalgie pour l’ancien DRS et son patron, il risque,-mais c’est déjà semble-t-il le cas-, de jeter le trouble dans l’esprit de celles et de ceux qui le créditent de sincérité et de compétence.

4. Contrairement aux affirmations d’Ali Ghediri, le Général de corps d’armée Mohamed Lamine Mediène n’a jamais été utilisé, sauf par son mentor originel, le défunt général Larbi Belkheir. C’est au contraire, lui, qui n’a eu de cesse que d’instrumentaliser le personnel politique, dans son plus large spectre, ainsi que les valeurs qui fondent la République algérienne, telle que l’avaient voulue les pères fondateurs du mouvement national.

La segmentation culturelle, spirituelle et idéologique de la population algérienne est largement imputable à l’ancien patron des services de sécurité. L’honnêteté intellectuelle exige qu’on le dise clairement. Il en est de même des retards accumulés par la société algérienne dans nombre de domaines, comme du départ contraint du président Zéroual, victime d’une ignoble cabale menée par l’ancien chef du DRS et son second, le patron de la Direction du contre-espionnage. Le général Mediène était d’autant moins fondé à manipuler l’État algérien que sa participation à la lutte de libération n’a jamais été établie, à la différence de celle du chef d’état-major, Ahmed Gaid Salah.

5. L’élection présidentielle du 18 avril 2019 ne modifiera pas d’un iota la situation générale du pays. A partir de 2020, le pays va connaitre des difficultés économiques et sociales considérables, en conséquence des réformes de structures qui n’ont pas été accomplies et de l’érosion irréversible de la seule richesse sur laquelle repose la prospérité du pays. Celles et ceux qui prétendent détenir la solution à la crise algérienne sont soit des naïfs invétérés soit de nouveaux apprentis-sorciers.


*Ali Mebroukine, universitaire et ancien compagnon de route de Liamine Zéroual

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