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Bouchareb-Belkhadem : un rapprochement gagnant-gagnant

Bouchareb-Belkhadem : un rapprochement gagnant-gagnant

ALGER 04-12-2018 : Mouad Bouchareb, coordinateur de l’instance dirigeante du FLN, rencontre Abdelaziz Belkhadem / ©ANIS BELGHOUL - PPAGENCY

Premier soutien de poids pour le tout nouveau patron du Front de libération nationale (FLN), Moad Bouchareb au lendemain de son intronisation à la tête du parti par la grâce d’une décision présidentielle. L’ancien chef du gouvernement et ex-secrétaire général du FLN, Abelaziz Belkhadem, vient de faire part de sa disponibilité à aider le nouveau Coordinateur du parti dans sa mission de reconstruction du parti.

« Sa réussite est la nôtre et celle du FLN. L’Algérie a besoin du FLN qui a retrouvé son lustre par la pratique démocratique et le choix de ses responsables par un vote secret. Le FLN sera fort avec la légitimité de ses structures et de ses dirigeants », a-t-il soutenu mardi lors d’un point de presse animé au siège national du parti à l’issue d’un tête-à-tête qu’il a eu avec M. Bouchareb.

Certes, de vieux briscards comme Abada, Belayat et Salah Goujil ont tous fait part de leur disponibilité à rencontrer le nouvel homme fort du FLN mais aucun d’eux n’est allé aussi loin que l’enfant d’Aflou. Mais ce “ralliement” n’est pas tout à fait inconditionnel : il a indirectement posé ses conditions enrobées, il est vrai, dans trois propositions à même, selon lui, de faire retrouver au plus vieux parti du pays son lustre d’antan: l’assainissement de ses rangs des “intrus”, la lutte contre la corruption et l’intrusion de la Chkara dans la désignation des candidats et, enfin, un vote démocratique lors du prochain congrès extraordinaire.

Belkhadem est-il désintéressé ? Oui, à se fier aux réponses de l’ancien chef du gouvernement aux journalistes. Mais comme rien n’est gratuit en politique, M. Belkhadem peut bien espérer tirer quelques dividendes politiques de son soutien à la nouvelle direction du parti comme par exemple un poste de sénateur. C’est dire que cette réapparition de l’ancien chef du gouvernement sur le devant de la scène peut être le signe de la fin de sa disgrâce politique et d’un retour aux affaires de l’Etat.

Pour sa part, Moad Bouchareb, novice et surtout “illégitime” (il n’a pas été élu par ses pairs au poste de secrétaire général), ne peut que se féliciter d’une telle “pêche”. Un renfort d’un poids lourd de la vie politique nationale comme Belkhadem, qui a des relais au sein comme en dehors du parti, ne peut que le crédibiliser et conforter sa position. Il ouvrira aussi grandes les portes à d’autres ralliements qui permettront à Bouchareb de mener à bien sa mission de restructuration et réunification des rangs du parti mais aussi d’organiser dans la sérénité le prochain congrès extraordinaire qui sera un vrai test politique pour lui.

Autrement dit, l’actuel président de l’APN joue, dans cette affaire, son avenir politique. Normaliser, voire “pacifier” un FLN plus que jamais déchiré et usé jusqu’à la corde par les guerres de positions permettra au “jeune” député de Sétif de se tailler une stature d’homme à poigne et booster admirablement sa jeune carrière politique.


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