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Arabie saoudite : plus d’un an d’emprise de Mohamed ben Salmane sur le pouvoir

Arabie saoudite : plus d’un an d’emprise de Mohamed ben Salmane sur le pouvoir

Rappel des dates-clés depuis la désignation, en juin 2017, de Mohamed ben Salmane comme prince héritier du royaume d’Arabie saoudite.

Prince héritier à 31 ans

Le 21 juin 2017, le roi Salmane propulse son jeune fils Mohamed, 31 ans, prince héritier, après avoir évincé son neveu, Mohammed ben Nayef.

Devenu l’homme fort du royaume après l’accession de son père au trône en 2015, Mohamed ben Salmane, qui garde ses fonctions de ministre de la Défense, confirme son ascension dans un contexte de crise avec le Qatar voisin.

Le 5 juin, Ryad et trois de ses alliés arabes ont rompu leurs relations avec Doha, qu’ils accusent de soutenir “le terrorisme” et de se rapprocher de l’Iran, grand rival régional de l’Arabie saoudite.

Ryad et Téhéran sont engagés depuis des années dans des conflits par procuration, en Syrie, au Yémen, en Irak et au Liban.

Purge

Le 15 septembre 2017, Human Rights Watch (HRW) dénonce une “campagne de répression” contre les opposants en Arabie saoudite et confirme l’arrestation de dizaines de personnes dont des prédicateurs et des intellectuels dans le royaume ultraconservateur.

Le 4 novembre, une vaste campagne anticorruption est lancée sous l’impulsion du prince héritier. L’hôtel de luxe Ritz-Carlton de Ryad sert pendant trois mois de “prison dorée” pour des dizaines de princes et de hauts responsables au centre d’une purge anticorruption.

Nombre des suspects, dont le prince milliardaire Al-Walid ben Talal, seront libérés après des “arrangements” financiers avec les autorités.

Crise avec le Liban

Le 4 novembre également, le Premier ministre libanais Saad Hariri annonce, à la surprise générale, sa démission depuis Ryad, accusant le mouvement armé Hezbollah et l’Iran de “mainmise” sur le Liban.

Face à l’imbroglio, la France intervient pour trouver une porte de sortie. Saad Hariri rentre dans son pays trois semaines plus tard, et renonce à démissionner.

L’Arabie saoudite, accusée alors d’avoir forcé M. Hariri à quitter ses fonctions et de le retenir contre son gré, a démenti.

Yémen

Le 7 novembre, le prince héritier déclare que “l’implication de l’Iran dans la fourniture de missiles aux (rebelles yéménites) Houthis est une agression militaire directe par le régime iranien”.

Quelques jours auparavant, un missile balistique tiré par ces rebelles avait été intercepté au-dessus de Ryad. Des débris de l’engin étaient tombés dans le périmètre de l’aéroport international.

Depuis mars 2015, Ryad est à la tête d’une coalition arabe aidant les forces gouvernementales dans leur guerre contre les Houthis et leurs alliés, maîtres de la capitale Sanaa depuis 2014.

La coalition, accusée de multiples “bavures” contre des civils, a reconnu des “erreurs”, mais accusé les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, d’utiliser les civils comme boucliers humains.

Nucléaire iranien

Le 15 mars 2018, Mohamed ben Salmane affirme que si l’Iran se dote de l’arme nucléaire, l’Arabie saoudite fera “de même le plus rapidement possible”.

En mai, Ryad, qui n’a jamais caché ses réserves vis-à-vis de l’accord passé en 2015 entre l’Iran et six puissances mondiales, applaudit la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord.

Offensive de charme

En mars 2018, après des visites en Egypte et en Grande-Bretagne, où il déjeune avec la reine Elizabeth II, Mohammed ben Salmane mène une tournée de plus de deux semaines aux Etats-Unis, où il est notamment reçu par Donald Trump à la Maison blanche.

Il effectue ensuite des visites en France et en Espagne.

Modernisation mais répression

Le 24 juin 2018, l’Arabie saoudite, seul pays du monde qui interdisait aux femmes de conduire, lève cette prohibition. Annoncée en septembre 2017, cette décision inspirée par le prince héritier fait partie d’un vaste plan de modernisation du pays. Celui-ci a aussi autorisé l’ouverture de salles de cinéma et les concerts mixtes.

Mais l’enthousiasme créé par l’annonce des réformes a été entaché par une répression contre des militantes qui s’étaient longtemps opposées à l’interdiction de conduire.

Affaire Khashoggi

Le 2 octobre, le journaliste Jamal Khashoggi, qui s’est exilé aux Etats-Unis en 2017, se rend au consulat saoudien d’Istanbul pour des démarches administratives en vue de son prochain mariage avec une Turque. Il n’est pas réapparu depuis.

Des responsables turcs affirment qu’il a été tué par un commando saoudien venu spécialement de Ryad. Jusqu’ici, l’Arabie saoudite a nié toute implication.

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