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Ali Benflis dénonce « les forces anticonstitutionnelles », marque sa différence avec Ali Ghediri

Ali Benflis dénonce “les forces anticonstitutionnelles”, marque sa différence avec Ali Ghediri

Ali Benfllis n’a pas encore tranché sur sa candidature à la présidentielle d’avril prochain. « Nous préparons le dossier complet, nous le présenterons au Comité central (du parti), avec un rapport détaillé sur la situation du pays et ce à quoi nous nous attendons lors de ces élections et ça sera au Comité central, qui est souverain entre deux congrès du parti, de prendre une décision », a déclaré ce dimanche le président de Talaie El Hourriyet sur TSA Direct.

Et d’ajouter : « Nous avons à Talaie El Hourriyet deux courants, il y a ceux qui souhaitent la participation en tant que parti et en tant que soutien au président du parti et ceux qui préfèrent le boycott et ne lient absolument pas ceci à ce qui est appelé le cinquième mandat », a-t-il expliqué.

« Le premier mandat pour les forces non-constitutionnelles »

Ali Benflis s’est dit inquiet quant à l’éventualité de la candidature de Bouteflika. (Le président a annoncé sa candidature en début d’après-midi, après le passage de Benflis sur TSA Direct).

« S’il y a un cinquième mandat, il ne sera pas pour le président Abdelaziz Bouteflika mais pour les forces non-constitutionnelles qui ont pris le contrôle du destin de notre pays et ceci est un grand danger », a-t-il dit à ce sujet.

Ces forces « non-constitutionnelles », sont, selon lui « l’argent sale » et « ceux qui se sont empêtrés dans des positionnements politiques irresponsables ».

« S’il y a un cinquième mandat, ça sera le premier mandat pour les forces non-constitutionnelles», selon Benflis pour qui le président est « absent depuis 7 ans ». Cette situation « pousse l’Algérie vers l’inconnu » et en fait « la risée du monde », a-t-il dénoncé.

Un cinquième mandat de Bouteflika et des élections qui ne seraient pas « propres », risquent de plonger l’Algérie « dans l’inconnu », a averti Benflis, expliquant que ces « comportements » qui veulent imposer le candidat Bouteflika « ne sont pas novembristes » et « n’auraient eu l’accord du Président si celui-ci était conscient. »

« Comment, avec un quatrième mandat qui se termine sur des difficultés, l’émission d’argent sans contrepartie, la harga, un déficit budgétaire et la désillusion de tout le peuple algérien, veulent-ils un cinquième mandat ? », s’est interrogé M. Benflis.

Pour lui, la « continuité » à laquelle appellent les partis du pouvoir est celle « de la corruption, de l’inacceptable, de la harga et du pillage ».

L’ancien chef de gouvernement a dressé un bilan plus que négatif des quatre mandats de Bouteflika à la tête du pays. « En 20 ans, l’Algérie a dépensé 1000 milliards de dollars mais l’économie est en faillite, l’agriculture est en retard et la gouvernance n’existe pas », a-t-il constaté, ajoutant qu’avec l’argent dépensé, « s’il y avait une bonne gouvernance, il aurait été possible de réaliser trois à quatre fois ce qui a été fait ».

Tirant à boulets rouges sur les institutions qui sont, selon lui, « des appendices » de l’administration, Benflis a émis des doutes quant à la régularité des élections à venir. « J’ai pitié de cette instance. Comment vais-je l’appeler ? Un appendice du ministère de l’Intérieur. Elle n’a pas de prérogatives », a-t-il dit à propos de la Haute instance indépendante de surveillance des élections (Hiise).

Le président de Talaie El Hourriyet a critiqué les médias publics dont il se dit privé. « Nous sommes privés des médias publics, payés par les impôts que nous payons tous », a-t-il dénoncé, ajoutant que ces médias publics sont devenus « un habous du pouvoir ».

« Aucune objection » à une candidature unique de l’opposition

Ali Benflis a affirmé avoir eu des contacts avec Abdallah Djaballah. Ce dernier veut, selon lui, « rassembler ce qu’il peut pour atteindre cet objectif (de candidat unique de l’opposition) ». Une « idée juste », sur laquelle Djaballah « travaille avec de bonnes intentions car il veut le bien du pays », selon Benflis qui n’a « aucune objection » à la désignation d’un candidat unique de l’opposition s’il y a un « accord sur un candidat ».

Lors de son intervention, Ali Benflis s’est montré aussi incisif contre le pouvoir que conciliant avec les acteurs de l’opposition. Après avoir encensé Djaballah, il a défendu le « droit constitutionnel » du FFS et du RCD à appeler au boycott des élections.

Le boycott est « un droit civil, civique et politique », a insisté Benflis, ajoutant que « ceux qui décident de boycotter l’élection ont non seulement le droit mais ils ont également le droit d’avoir des salles pour expliquer pourquoi ils boycottent. « Ceux qui critiquent les partisans du boycott s’attaquent à la démocratie », a-t-il estimé.

Concernant la candidature d’Ali Ghediri à la présidentielle, Ali Benflis a affirmé que le général-major à la retraite « est un Algérien qui jouit de tous ses droits. Il expose aux Algériens son opinion et il en a le droit ».

Le président de Talaie El Hourriyet ne partage pas l’idée de « rupture » à laquelle appelle Ali Ghediri. Pour lui, « il est nécessaire que les Algériens s’unissent de leur propre volonté et non en les convoquant à une conférence et en leur dictant ce qu’ils ont à dire ».

Ali Benflis a profité de son intervention pour répondre à Ahmed Ouyahia qui a mis en garde l’opposition contre le recours à la rue. « Le recours à la rue est « un droit constitutionnel. Si quelqu’un veut exprimer son opinion en ayant recours à la rue, où est le problème ? », a-t-il affirmé. Il a dit « enrager », quand il voit « des enseignants organiser des manifestations pour réclamer leurs droits et qu’ils se voient répondre par la matraque ».

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