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L’appel de Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdenour et Benyelles à l’état-major de l’armée

L’appel de Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdenour et Benyelles à l’état-major de l’armée

Ali Yahia Abdennour, avocat et militant des droits humains, Ahmed Taleb Ibrahimi, ancien ministre, et Rachid Benyelles, général à la retraite, appellent, dans un appel rendu public ce samedi 18 mai, le commandement de l’ANP de nouer un dialogue « franc et honnête » avec des figures représentatives du mouvement citoyen (Hirak), des partis et des forces politiques et sociales qui le soutiennent.

Le but ? « Trouver au plus vite, une solution politique consensuelle en mesure de répondre aux aspirations populaires légitimes qui s’expriment quotidiennement depuis bientôt trois mois », écrivent-ils dans l’appel transmis à TSA.

L’impasse actuelle est porteuse, selon eux, de grands dangers qui s’ajoutent à une situation régionale tendue. « La situation de blocage à laquelle nous assistons par le maintien de la date du 4 juillet (élection présidentielle) ne pourra que retarder l’avènement inéluctable d’une nouvelle République. Car comment peut-on imaginer des élections libres et honnêtes alors qu’elles sont d’ores et déjà rejetées par l’immense majorité de la population parce qu’organisées par des institutions encore aux mains de forces disqualifiées, opposées à tout changement salutaire ? », s’interrogent-ils.

Plaidoyer pour une période de transition de courte durée

Les trois personnalités estiment que les manifestants, dont le nombre a atteint des sommets historiques, veulent, « après avoir obtenu la démission forcée du président candidat moribond», exigent maintenant l’instauration d’un État de droit et d’une véritable démocratie, « en passant préalablement par une période de transition de courte durée, conduite par des hommes et des femmes n’ayant jamais appartenu au système profondément corrompu des vingt dernières années ».

« Cette période est nécessaire pour mettre en place les mécanismes et dispositions permettant au peuple souverain d’exprimer librement et démocratiquement son choix à travers les urnes, un processus qui va dans le sens de l’histoire, et que rien, ni personne ne saurait arrêter », soulignent-elles.

Taleb Ibrahimi, Yahia Abdenour et Rachid Benyelles rappellent que le 22 février 2019 les Algériens, « toutes classes sociales et tous âges confondus » sont sortis par millions dans les rues de l’ensemble des grandes villes du pays pour manifester pacifiquement, « crier leur colère et refuser l’humiliation qu’un pouvoir arrogant et sûr de lui, voulait encore leur faire subir en annonçant la candidature pour un cinquième mandat, d’un homme qui vit à l’état végétatif depuis cinq ans ».

« Les manifestations grandioses de ces treize dernières semaines ont forcé l’admiration du monde entier et nous ont rendu notre dignité trop longtemps bafouée, comme elles nous ont permis de recouvrer notre fierté d’appartenir à une grande nation. Elles auront également fortement contribué à renforcer l’unité nationale et la volonté du vivre ensemble, quelles que soient nos différences politiques, et nos sensibilités culturelles ou doctrinaires », ajoutent-ils.

Le 7 octobre 2017, les trois personnalités avaient publié une déclaration pour souligner qu’Abdelaziz Bouteflika n’était plus en mesure de diriger le pays compte tenu de sa maladie et pour demander sa démission.

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